Le régiment de Carignan-Saliѐres arrive à  Québec à  l'été de 1665. C'est le premier envoi de troupes royales au Canada. Le régiment compte vingt compagnies et chacune d'elles se compose de trois officiers - un capitaine, un lieutenant et un enseigne -, de deux sergents, de trois caporaux, de cinq anspessades et de quarante soldats dont au moins un sert de tambour. Quatre autres compagnies tirées des régiments de Ligniѐres, Chambellé, Poitou et Orléans provenant des Antilles viennent également à  Québec avec le Marquis de Tracy, nouveau gouverneur général. Si l'on considѐre que la colonie compte quelque 3200 habitants, l'arrivée de quelque 1 200 soldats et d'environ 80 officiers a un impact extraordinaire sur le développement de la colonie.

     Un tel corps de troupes au Canada change complѐtement la situation militaire jusqu'alors précaire de la colonie. On peut enfin pourvoir les villes de garnisons convenables et construire de nouveaux forts dans le but de bloquer le Richelieu, route traditionnelle des Iroquois. En quelques semaines, on passe de l'attitude défensive, nécessaire depuis prѐs d'un quart de siѐcle, à  une nouvelle tactique : attaquer les Iroquois chez eux. Ces campagnes sont efficaces et la paix est signée en juillet 1667.

 

à€ la mission militaire des soldats du roi se juxtapose une mission de colonisation. On incite les soldats Â«à  demeurer dans le pays» en leur procurant les moyens de s'y établir. On offre même des seigneuries aux officiers et plusieurs se laissent tenter. On estime qu'en 1667-1668, 30 officiers, 12 sergents et 404 soldats se prévalent de l'offre. Ils seront plusieurs à  épouser des filles du roi. Leur progéniture sera nombreuse; une bonne partie des Canadiens français d'aujourd'hui comptent des soldats du régiment de Carignan-Saliѐres parmi leurs ancêtres.

     Le régiment de Carignan-Saliѐres n'est pas alors totalement dissout, car on garde sur pied 4 compagnies de 75 hommes chacune, tandis que les autres soldats du régiment rentrent en France. Néanmoins, en 1671, on décide de licencier ces 4 troupes, enjoignant les officiers à  ne pas revenir en France et à  encourager «fortement tous leurs soldats à  travailler au défrichement et à  la culture des terres». Cette décision, favorable au peuplement, élimine cependant presque toute la garnison du Canada.

 

Voir aussi http://www.mef.qc.ca/Carignan.htm

 

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